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20 octobre 2010

Un marseillais non grèviste

Grèves des éboueurs à Marseille

Actuellement, les temps sont durs pour le marseillais. Lorsqu’il se lève le matin, son premier réflexe est d’aller sur Internet, chercher ces précieuses informations qui détermineront la tournure de sa journée.

Que vont encore faire les grévistes aujourd’hui pour défendre gracieusement ses acquis sociaux et tout particulièrement, sa retraite ?

C’est là qu’il apprend que les tunnels de la ville sont victimes d’un blocus et qu’il est déjà en retard vu le bordel que ça va créer en ville. Il se presse, bien que cela ne changera rien à la situation. Enfin prêt, il sort de chez lui, ses poubelles à la main, qu’il déposera sur un tas d’ordures de quelques mètres, débordant sur les routes, les trottoirs, bougeant parfois seul lors du déplacement des rats au dessous. Il rejoint sa voiture garée dans la rue, il bénit de ne pas la retrouver carbonisée près d’une poubelle MPM, victime d’un incendie criminel. Il s’installe, prend la route vers son boulot, fais 100 mètres et se retrouve complètement bloqué comme tous ses amis automobilistes qui deviennent rapidement de terribles adversaires dans cette course qui le mènera de toutes façons en retard à son travail. Il aurait pu prendre les transports en commun si ils n’avaient pas tout simplement disparus de la circulation. Pendant les bouchons, il regarde sa jauge d’essence, dangereusement basse. Et tout ce gasoil de gâché à faire du sur place pour 20 personnes qui bloquent la 2ème plus grande ville de France. Alors il éteint sa voiture, après tout, il n’avance plus depuis plusieurs minutes maintenant. Il arrive avec une heure de retard au travail et pense déjà à sa prochaine mission : trouver du gasoil pendant sa pause de midi. Petit veinard, il ne fait que deux stations pour en trouver à 1,23€ le litre, avec une limite de 20€ par véhicule. Le presque plein est fait rapidement.

Après une journée pareille, il veut supplier les grévistes d’arrêter de le défendre, il ne veut pas qu’ils l’aident à garder sa retraite à 60 ans, il s’en fout de bosser jusqu’à 65 ans comme ses amis européens. Il veut juste aller travailler, il veut juste qu’on lui foute la paix.